« Cela me permet de réfléchir à la conduite à tenir face aux problèmes que rencontre mon fils.
J'ai pu aussi mettre en place des choses auxquelles je n'avais pas pensé,
comme faire intervenir un éducateur
 »

-Madame P., mère de deux enfants, de 14 ans et 17 ans

Informations sur le suicide


Pour combattre son ennemi, il faut le connaître !

Vous trouverez dans cette rubrique des informations sur le suicide, expliquant l'importance de ce fléau et permettant de mieux le comprendre.

Cependant, le suicide des jeunes n'est pas seulement le suicide des adolescents. Nous souhaitons donner un éclairage plus large sur le suicide et les tentatives de suicide des jeunes de moins de 34 ans. Pour cela, nous vous invitons à parcourir les éléments suivants: 

·         des moyens encore dérisoires par rapport à l'enjeu,

·         les résultats de l'enquête interne PHARE Enfants-Parents,

·         le suicide des jeunes,

·         les tentatives de suicide,

·         la prévention et les mesures concrètes des pouvoirs publics.


Des moyens encore inadaptés aux enjeux. 3 fois plus de victimes que la route...mais des moyens dérisoires.

En France, le suicide fait 3 fois plus de victimes que les accidents de la route: 3 384 morts par accidents de la route en 2014, 9 715 suicides (INSERM 2012).
C'est la 1ere cause de mortalité pour les 25/34 ans, avec près de 868 morts. Chez les jeunes de moins de 24 ans le suicide est la 2e cause de mortalité après les accidents de la route (près de 497 suicides, INSERM 2012).
Les tentatives de suicide des moins de 24 ans sont estimées à 50.000 par an (INSERM 2004). 

  

Face à ce drame, les moyens sont encore dérisoires et les acteurs dispersés.

 

Trop de jeunes suicidants pris en charge en réanimation ne peuvent ensuite bénéficier d'une prise en charge ou d'un suivi efficace.

Les jeunes adultes sont ainsi souvent placés dans des services psychiatriques "généralistes" où ils ne trouvent pas leur place ni l'aide adéquate.

Si, depuis sa création en 1991, PHARE Enfants Parents a participé activement à une prise de conscience autour du suicide, il reste encore beaucoup à faire, même si deux plans nationaux de prévention du suicide ont été appliqués et qu'un Observatoire National a été créé en 2013.

PHARE Enfants Parents s'est toujours engagé pour que la prévention du suicide soit reconnue Grande Cause Nationale. 


  Étude PHARE Enfants Parents sur les circonstances et causes du suicide des jeunes.
 

Peu d'études sont faites sur le suicide des jeunes, en particulier sur les circonstances qu'entourent l'acte suicidaire. PHARE Enfants-Parents a le souci de rechercher toutes les informations possibles pour mieux connaître le sens et aider les parents touchés par ce drame à comprendre et à accepter le geste de leur enfant. C'est dans cet objectif qu'il est proposé aux parents de témoigner au travers un questionnaire.
 

Depuis 1997,  le même questionnaire est remis aux parents qui contactent l'association. Tous ne le renvoient pas, mais les réponses déjà faites ont permis de faire une première étude en 2005, et une autre en 2013 qui se complètent.  Il en ressort un certain nombre d'éléments intéressants, notamment :

  • 46% des cas étudiés représente des jeunes de 15 à 22 ans et 30% représente des  jeunes de moins de 25 ans.
  • en grande majorité ce sont des hommes,
  • 70% des suicides  ont eu lieu au domicile des parents avec un moyen radical (arme à feu, pendaison, défenestration),
  • pour 51% des jeunes avaient déjà effectué une tentative de suicide,  
  • 44% suivaient un traitement psychiatrique,
  • 77 % des suicidés ont manifesté des signes précurseurs détectés avant ou après le suicide par les parents,
  • dans 90 % des cas, le suicidé avait des frères et sœurs.

Le suicide des jeunes

La France a le triste privilège de se classer parmi les pays à la plus forte mortalité par suicide dans l'ensemble du monde. Elle vient certes, après la plupart des pays de l'Europe Centrale et Orientale, mais seuls trois pays d'Europe la précèdent : la Finlande, le Danemark et l'Autriche.


Le phénomène suicidaire en France est relativement récent. En effet, l'augmentation des mortalités par suicide a débuté après 1975. Voici un rapide aperçu des statistiques : 

 

Année

 Suicides des – de 34 ans

 Nb Total de suicides

 Nb Total de décès

1950

 755

 6 402

 534 480

1960

 960

 7 223

 520 960

1970

 1 375

 7 834

 542 277

1975

 1 718

 8 323

 560 353

1980

 2 555

 10 406

 547 107

1985

 2 910

 12 501

 552 496

 

1990

 2 516

 11 403

 526 201

 

1995

 2 600

 11 812

 531 550

 

2000

 2 029

 10 837

 530 850

 

2001

 1 939

 10 440

 531 072

 

2002

 1 972

 10 632

 535 140

 

2005

 1 781

 10 702

 527 516

 

2007

 1 580

 10 127

 520 535

 

2010

 1 565

 10 509

 551 218

 

2011

 1 524

 10 524

 545 057

 

2012

2013

1 365

1 314

   9 775

   9 602

 558 211

 


 

Si les statistiques montrent une relative diminution depuis 1985, il n'en demeure pas moins que le suicide constitue une des rares causes de décès qui ne déclinent pas sensiblement.

Toutes tranches d'âges confondues, le nombre de suicides double donc entre 1950 et 1985, alors que le total des décès ne varie guère. 
Sur la même période et pour les moins de 34 ans, il augmente de prés de 4 fois. Malgré une diminution sensible, la proportion de suicide des jeunes reste dramatiquement élevée.
Le suicide est 
la deuxième cause de mortalité des moins de 24 ans, après les accidents de la route, et la première cause pour les 25-34 ans. (se référer au site de l'inserm:
http://www.inserm.fr/index.php/thematiques/sante-publique/dossiers-d-information/suicide-autopsie-psychologique-et-prevention ).

La mortalité par suicide frappe essentiellement une population masculine, 75% des suicidés sont des hommes. Le choix des moyens est une des explications. Ce sont des moyens violents et radicaux : pendaison, arme à feu ou précipitation d'un lieu élevé, défenestration, qui laissent peu de chance de survie.

Le phénomène suicidaire est extrêmement complexe : les causes sont multifactorielles. Le geste suicidaire, s'il est éminemment intime dans son passage à l'acte, s'adresse aussi à la communauté toute entière. La tendance suicidaire d'une population est en effet intimement liée au contexte socioéconomique et culturel d'un pays, d'une société.
Emile DURKHEIM l'a affirmé dans son étude publiée en 1897 « Ce que prouve le nombre exceptionnellement élevé de morts volontaires, c'est l'état de perturbation profonde dont souffre la société et il en atteste la gravité. On peut même dire qu'il en donne la mesure».

L'enquête interne, effectuée par PHARE Enfants-Parents auprès de ses adhérents, parents d'un enfant suicidé, met l'accent sur les traits de personnalité des jeunes suicidés et sur les raisons invoquées :

  • ils sont le plus souvent ouverts, rêveurs, doux et calmes. Sensibles au malheur des autres, généralement perfectionnistes, ils possèdent un goût prononcé pour la musique, les arts et les sports,
  • ils ont invoqué comme raison principale de leur geste suicidaire : la déception amoureuse, puis le dégoût de la société et l'absence ou le manque du père ou de la mère. 

Les tentatives de suicide

 

Les tentatives de suicide, à l'inverse des mortalités par suicide, concernent surtout la population féminine : 70% des tentatives sont effectuées par les femmes. Elles utilisent principalement les médicaments.

Il n'existe pas de statistiques fiables pour déterminer précisément le nombre de tentatives de suicide. Ce sont des enquêtes faites en milieu hospitalier qui font référence.
Ainsi en 1993, le nombre d'hospitalisations pour tentatives de suicide (toutes tranches d'âges confondues) s'est élevé à 165 000 (source INSERM).
Pour les jeunes de moins de 24 ans, il est courant d'évoquer un nombre de tentatives de suicide de l'ordre de 50 000 par an. Ce chiffre, néanmoins, est sous-évalué puisqu'il ne comprend pas les tentatives sans hospitalisation.

Même en l'absence de statistiques faisant l'objet d'un recensement précis et systématique, les différentes études et enquêtes tendant à faire état d'un niveau particulièrement élevé de tentatives de suicide chez les jeunes, spécialement les filles.


L'enquête nationale réalisée par l'INSERM en 1994 auprès de 12 000 adolescents de 11-19 ans montrait qu'environ 7% ont fait une tentative de suicide dans leur vie ( 5% une seule, 2% plusieurs) et que près de 30% des élèves de cet âge ont souvent des idées suicidaires.

Une plus récente enquête effectuée en 2000, en milieu scolaire dans le département de la Gironde par Marie CHOQUET, Directeur de recherche INSERM, Xavier POMMEREAU, psychiatre, responsable du centre Abadie à Bordeaux et Christophe LAGADIC, statisticien INSERM, met en évidence que bon nombre de tentatives de suicide chez les jeunes ne sont pas prises en charge en milieu hospitalier.

Sur les 826 élèves consultés, 9% des garçons et 19% des filles ont fait une tentative de suicide dans leur vie. 9 sur 10 tentatives de suicide n'ont pas fait l'objet d'une hospitalisation, ni d'un suivi ambulatoire.

La majorité des suicidants ont effectué leur première TS avant l'âge de 15 ans (77% des garçons, 60% des filles). Les sentiments ressentis les plus souvent évoqués sont : le désespoir, l'abandon.


On peut constater que les données statistiques en France rendent compte d'une façon très incomplète de la réalité tant pour les tentatives de suicide que pour les suicides. En effet, beaucoup de suicides sont dissimulés parmi les décès attribués à d'autres traumatismes ou les décès de cause inconnue. Cela correspond à une sous-estimation d'environ 20 à 25%. 

 

La prévention et les mesures concrètes des pouvoirs publics.

 

La France, l'un des pays industrialisés les plus touchés par le suicide, a pris un retard considérable en matière de prévention. Alors que les chiffres étaient en forte et constante progression depuis 1970, alors que d'autres pays européens mettent en place des actions spécifiques, ce n'est que très récemment qu'émerge en France une véritable volonté politique. 

De la bonne volonté des associations à la volonté politique :

  • Pour soulager la détresse des autres, l'écouter : des associations qui agissent avec de modestes moyens et des bénévoles. Les premières dès 1960 : SOS Amitié et Recherche et Rencontres, en 1969 : La Porte Ouverte, et en 1978 : SOS Suicide Phénix.
  • Pour sensibiliser : une campagne subventionnée par la CNAM en 1993 et menée par 3 associations : SOS Amitié, Recherche et Rencontres et SOS Suicide phénix .
  • Pour alerter, proposer des pistes : un rapport officiel commandé par le Conseil Economique et Social et réalisé sous la direction du Pr. Michel DEBOUT en 1993. Puis en 1994, le Haut Comité de la Santé Publique et en 1996, la Conférence Nationale de la Santé se saisissent de ce problème et le déclarent prioritaire parmi les grands thèmes de santé publique.
  • Pour mieux prévenir, se rassembler : une demi-douzaine d'associations (dont PHARE Enfants-Parents) se constitue en association loi 1901, en fin d'année 1996. L'U.N.P.S. (Union Nationale pour la Prévention du Suicide) est née et organise un événement national et annuel : une journée nationale pour la prévention du suicide, à la date du 5 février.
  • Pour agir et prévenir : une volonté politique. Les 5 février 1998 et 1999, à l'occasion des journées nationales de prévention du suicide, Bernard KOUCHNER, alors Secrétaire d'Etat à la Santé, a annoncé et confirmé sa volonté de mettre en oeuvre une politique de prévention du suicide, avec comme ambition, de passer, en trois ans, sous la barre symbolique de 10 000 décès par an.


Des mesures et actions concrètes :

 

  • 1998, l'ANAES (Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation de la Santé) publie des recommandations pour la prise en charge hospitalière des jeunes suicidants.
  • 1999, le Ministère de la Santé met en place des Comités, composés de personnalités spécialisées et diverses, afin de réfléchir et d'élaborer les bases d'un plan d'action. Une dizaine de régions ayant mis en œuvre, après la conférence Nationale de Santé en 1996, des expériences de prévention sur le terrain, apportent leur contribution à cette réflexion.
  • 2000, en septembre, Madame Dominique GILLOT, Secrétaire d'Etat à la Santé et au Handicapés, présente le plan national de la prévention du suicide dans le cadre d'une Conférence Européenne à Nantes. 
  • 2009, en mars, un rapport est remis à la Ministre de la Santé, Roselyne BACHELOT élaboré sous la houlette du Pr David LE BRETON, sociologue, qui présente des pistes de mesures à prendre pour une stratégie nationale de prévention du suicide. 
  • 2011/2014 Deuxième Plan National d'Actions contre le Suicide
  • 2013 Création de l'Observatoire National du Suicide

Mise à jour janvier 2016

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